Troisième jour, et ça ne vient pas
Vous avez emmené quelqu'un : votre partenaire, ou un ami qui a enfin dit oui. C'est le troisième jour, vous avez répété « sur l'avant » encore et encore, et il est toujours sur les talons.
Écoutez sur le télésiège. Un débutant parle de pieds douloureux, de perte d'équilibre et de peur de tomber. Quelqu'un qui a quelques hivers derrière lui parle d'être bloqué sur les mêmes pistes, et des pentes plus fortes, de la neige glacée ou de la neige profonde qui lui font peur.
De l'extérieur, ça peut ressembler à de la nervosité. D'après mon expérience, une chaussure qui ne le tient pas l'entretient : sans rien pour le tenir vers l'avant, il se sent déséquilibré, il se crispe, et chaque virage ressemble à une chute annoncée. La technique, la confiance et les conditions comptent aussi, mais la chaussure, c'est la partie que je vois les gens oublier de vérifier.
“Si ça ne vient pas, ce n'est peut-être pas sa faute, et ce n'est peut-être pas la vôtre.”
Ce qu'il faut observer et écouter
Le chaussant, c'est la forme : la longueur, la largeur et l'espace autour du pied. Le flex, c'est le chiffre sur la chaussure, l'indice de flex. Le bon le garde en équilibre et transmet la flexion de ses chevilles à la spatule du ski, et pas seulement à la chaussure.
Regardez-le skier, et demandez-lui ce qu'il ressent.
- Pieds douloureux, froids ou engourdis, ou talon qui se soulève : en général le chaussant.
- Orteils recroquevillés toute la journée pour garder l'équilibre : chaussant ou flex (une chaussure trop grande, ou une chaussure qui ne le tient pas vers l'avant).
- Coincé sur les talons, comme s'il tombait en arrière : peut-être le flex, trop bas ou trop élevé, et parfois une chaussure trop grande.
- Cuisses qui brûlent et crampes aux mollets avant midi : souvent un indice de flex trop bas pour son corps.
- Des skis qui ne tournent pas quand il le veut, comme s'ils n'en faisaient qu'à leur tête : ce peut être le chaussant ou le flex.
Trop bas pour son corps, et la chaussure ne le maintient pas quand il se penche en avant, ce qui le laisse sur les talons. Trop élevé, et il ne peut pas fléchir les chevilles vers l'avant, alors il se retrouve en arrière de toute façon. Quand c'est le flex montre comment savoir lequel des deux.
Deux raccourcis que j'éviterais
Lui prêter vos vieilles chaussures. Elles ont été choisies pour votre pied et votre corps, pas pour les siens. Si vous skiez avec un chiffre élevé, il peut être trop élevé pour lui ; s'il est plus grand ou plus lourd que vous, trop bas.
Acheter selon l'étiquette « débutant ». Le flex d'une chaussure de ski ne se choisit pas selon le niveau. Il se choisit selon la physique : votre corps et votre façon de skier. Plus de détails dans Quel est votre niveau ?
Et si une chaussure fait mal, ne cherchez pas d'abord un chiffre plus bas. La douleur aux pieds vient en général du chaussant. Plus de détails dans Corriger le mauvais problème.
Avant la prochaine sortie
Calculez l'indice de flex adapté à son corps avec FlexFinder, une app iPhone. Entrez sa taille, son poids, le rayon de courbe de ses skis (imprimé sur le ski) et l'indice de flex de ses chaussures de ski, puis il fait deux ou trois descentes, téléphone en poche. Les descentes ne comptent qu'à partir de 15 km/h, donc un skieur tout débutant commence par le bootfitter et un cours.
Il obtient son chiffre de flex, un verdict sur sa chaussure (trop bas, trop élevé ou juste) et des chaussures correspondantes parmi 328 chaussures de 11 marques : une présélection à essayer avec son bootfitter. FlexFinder calcule l'indice de flex. Ce n'est pas un diagnostic, et l'app ne vérifie pas le chaussant.
Puis apportez son chiffre à un bootfitter pour le chaussant, surtout si ses orteils se recroquevillent, si son talon se soulève ou si ses pieds lui font mal.
Réservez un bon moniteur. Une étude de l'industrie du ski américaine a montré que le moniteur était, à lui seul, la plus grande influence chez les débutants qui ont continué. Elle a aussi montré que la famille et les amis sont la principale porte d'entrée dans ce sport, alors continuez à skier ensemble.
D'après mon expérience, on voit le jour où une chaussure lui va bien et le tient. Il arrête de parler de ses pieds, la tension quitte ses jambes, les skis tournent quand il le demande, et il veut faire une dernière descente avant la fermeture des remontées. C'est pour ça que vous l'avez emmené : la skiglede, la joie de skier, et quelqu'un avec qui la partager.
