Vos cuisses brûlent dès la troisième descente. Vous vous engagez dans le virage, et le ski continue tout droit.
Peut-être apprenez-vous encore : vous avez mal, vous ne trouvez pas votre équilibre, et vous avez peur de tomber. Ou vous skiez depuis un moment et vous avez arrêté de progresser : bloqué sur les mêmes pistes, vous vous crispez dès que ça devient pentu, glacé ou profond. J'entends les deux à mon atelier.
D'après mon expérience, une chaussure qui ne vous tient pas aggrave tout cela. Sans rien pour vous tenir vers l'avant, vous êtes déséquilibré et vous ne pouvez pas appuyer sur l'avant du ski, alors vous vous crispez. La technique, la confiance et les conditions comptent aussi, et avoir peur, c'est normal.
Ce que la chaussure devrait faire
Une chaussure de ski a deux rôles : vous garder en équilibre, d'avant en arrière, et appuyer sur l'avant du ski pour qu'il tourne. Avec le bon indice de flex, la chaussure transforme la flexion de vos chevilles en pression sur la spatule du ski. Le ski fléchit ; la chaussure vous maintient pendant qu'il fléchit.
Trop bas : aucun maintien
Quand vous vous penchez en avant, le flex de votre chaussure ne vous maintient pas. Votre poids glisse vers l'arrière, sur vos talons, sans que vous le vouliez, vos cuisses brûlent, et l'avant du ski ne reçoit aucune pression : il ne tourne pas quand vous le voulez. Le ski n'en fait qu'à sa tête.
Dans la bonne chaussure, l'angle de votre tibia dans le virage reste le même et c'est votre pression qui change. C'est ce qui fait fléchir la spatule et vous fait tourner. Dans une chaussure à l'indice trop bas pour vous, pousser plus fort ne fait que fléchir davantage la chaussure, et la spatule ne reçoit rien.
Trop élevé : pas assez vers l'avant
Vous essayez de fléchir les chevilles vers l'avant, et la chaussure ne vous laisse pas aller assez loin. Vous pouvez finir en arrière, et il est difficile d'appuyer sur l'avant du ski.
Mon avis : ni le chiffre le plus bas, ni le plus élevé, mais le bon indice de flex pour votre corps.
Trop bas, trop élevé, ou le chaussant ?
Observez ce que fait la chaussure quand vous vous penchez en avant. Ce sont des indices, pas un diagnostic.
- Aucun maintien de la chaussure, et ce sont vos cuisses et vos mollets qui travaillent : souvent un indice de flex trop bas pour vous.
- La chaussure ne vous laisse pas fléchir les chevilles assez loin vers l'avant : il est peut-être trop élevé pour vous.
- Vos orteils ou vos voûtes plantaires font mal, ou vos pieds deviennent froids ou engourdis : en général le chaussant. Plus de détails dans Chaussant ou flex ?
- Vous recroquevillez les orteils pour garder l'équilibre : en général le chaussant, le plus souvent une chaussure trop grande. Une chaussure trop grande peut aussi vous empêcher de vous mettre sur l'avant.
“Obtenez d'abord votre chiffre de flex, puis apportez-le à votre bootfitter. Si vos pieds font mal, il règle le chaussant. Si votre chaussure ne vous maintient pas quand vous vous penchez, ou ne vous laisse pas aller assez loin vers l'avant, le verdict de l'app vous dit si votre indice de flex est trop bas ou trop élevé.”
Ce que je vois à mon atelier
Parmi les débutants et les skieurs intermédiaires que je mesure, neuf sur dix ont le mauvais indice de flex pour leur corps. Le plus souvent, il est trop bas, surtout s'ils sont grands ou plus lourds. C'est ce que je vois à mon atelier, pas une étude.
Quand il est trop bas, je pense que le mythe du confort en est souvent la cause.
Que faire
Commencez par l'indice de flex : il y a FlexFinder, une app iPhone. Entrez votre taille, votre poids, le rayon de courbe de vos skis (imprimé sur le ski) et l'indice de flex de vos chaussures de ski, puis faites deux ou trois descentes, téléphone en poche. L'app mesure votre ski avec les capteurs de votre téléphone et calcule ce que votre chaussure doit encaisser.
Vous obtenez votre chiffre de flex, un verdict sur votre chaussure (trop bas, trop élevé ou juste) et des chaussures correspondant à votre flex parmi 328 chaussures de 11 marques. FlexFinder calcule votre indice de flex. Ce n'est pas un diagnostic, et l'app ne vérifie pas le chaussant : voyez ces chaussures comme une présélection à essayer avec votre bootfitter.
Puis apportez votre chiffre à votre bootfitter pour le chaussant, et continuez à prendre des cours : un bon moniteur, ça compte.
L'app vous donne un chiffre, rien de plus. D'après mon expérience, le changement arrive quand la chaussure chausse bien et tient les gens : ils arrêtent de se crisper, trouvent leur équilibre, et le ski commence à tourner là où ils le lui demandent.
